ISAAC – Ile de la Réunion

Introduction

Ces 30 dernières années, la prévalence des allergies a considérablement augmenté, alors que l’exposition aux facteurs de risque environnementaux tels que les substances allergéniques (substances responsables d’une réaction de type allergique), les irritants (exception faite pour le tabagisme maternel), classiquement associés aux allergies, n’a pas vraiment évolué (1). Par contre, l’exposition aux agents infectieux s’est modifiée notablement du fait de la diminution des infections et de l’utilisation massive de vaccins et d’antibiotiques. Des modifications se seraient produites par conséquent dans le développement du système immunitaire, l’organisme humain n’ayant plus à se battre contre les agents infectieux tels que virus et bactéries. Il en résulterait une augmentation des défenses immunitaires contre des substances de l’environnement a priori non nuisibles, tels que les acariens, les pollens, les poils d’animaux. Il s’agit de l’hypothèse dite « hygiénique » avancée dans les années 90 par des chercheurs anglais. Sur le plan épidémiologique, la prévalence des allergies est inversement liée tantôt à des indicateurs d’infection tels que le nombre de frères et soeurs, le rang dans la fratrie, la fréquentation précoce de la crèche … tantôt à des marqueurs objectifs d’infections (taux d’anticorps). Sur le plan biologique, on a identifié les mécanismes pouvant expliquer le phénomène. Les lymphocytes T helper 2 responsables de la production des immunoglobulines E (marqueur d’allergie) prédomineraient.

D’où l’idée de travailler sur les maladies allergiques et leurs causes dans le but de contribuer à l’identification des causes de l’augmentation de la prévalence des allergies.

 

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Asthme à l'île de la Réunion

Résumé

Introduction

L'asthme à la réunion est une pathologie fréquente, mais il n'existe pas d'étude épidémiologique qui analyse la prévalence, la sévérité et la prise en charge des patients.

Méthodes

Deux études ont été réalisées : une enquête de la CPAM et une analyse sur les données d'une consultation hospitalière spécialisée.

Résultats

187 et 253 patients ont été respectivement évalués. Nous retrouvons dans les 2 études 40 % de patients stratifiés dans le groupe 3 du GINA (10 % en France métropolitaine). Le recours aux services d'urgence est fréquent de même que les admissions dans les services de réanimation. Il existe une sous-évaluation des patients par les médecins traitants qui ne classent pas correctement les asthmatiques. Cette sous-évaluation se retrouve dans les prescriptions thérapeutiques avec l'utilisation de corticoïdes inhalés chez 1/3 des asthmatiques des stades 2 et 3. Les mesures d'éducation sont mauvaises (30 % des patients ont une démonstration des systèmes inhalateurs et 31 % ont eu une EFR).

Conclusions

Ces études montrent que le profil de la sévérité de l'asthme à la Réunion peut être comparé à celui des pays océaniens (Australie, Nouvelle-Zélande) plutôt qu'à la France métropolitaine. Une étude dans la population générale est nécessaire afin de connaître exactement la prévalence de l'asthme à l'Île de la Réunion.

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